<<<< Retour ou Suite >>>>

Aller à la page de l'auteur Voyager à RIQUEWIHR

 

I. Un journal, qu'est-ce que c'est ?

Produire un journal c'est mettre en communication des personnes en permettant à des idées et à des informations de circuler.

Si le journal d'école revêt un aspect particulier, qui le distingue d'autres productions scolaires, mais aussi d’autres médias publics, il ne peut s'abstraire de la composition des journaux conventionnels. Ils constituent des structures éprouvées de communication de l'information, et des formes particulières d'écrits, que l'élève doit tout d’abord apprendre à lire.

( Voir journaux publiés )

 

A. Une production scolaire, parmi d'autres

1 - Par opposition à d'autres

Il ne s’agit pas ici de tenter l’impossible répertoire de tous les écrits possibles, ou même de s’essayer à leur typologie, mais plutôt de mettre en perspective le journal scolaire et d’autres modes de communication et de conservation des productions écrites, utilisés en classe, pour mieux en faire apparaître les spécificités, cela sans faire apparaître de hiérarchie, même si, pour l’objectif poursuivi, le journal est celui qui réunit le plus d’avantages.

Recueils permanents.

Ils partagent avec le journal des caractéristiques liées à l’actualité et à l’information. Ils sont par contre limités à un groupe classe et ne sont pas diffusés. Ils se rapprochent plus d’un journal intime, individuel ou collectif (voir Printemps de l’écriture 1998/99).

Ø Livre de vie de la classe, mémoire collective du groupe, mais aussi extension du cahier de vie personnel, pratiqué surtout en cycle 2 pour installer des notions temporelles ou inciter à l’expression écrite ;

Ø Recueil de correspondance (éventuellement trans-frontalière) qui rassemble les envois collectifs ou des reproductions de messages personnels, et leurs réponses ;

Ø Collections: extraits de presse, messages non textuels : recueils de peintures, dessins, graphismes, … ;

Ø Il faut encore citer un recueil particulier : celui des textes produits pour le journal mais qui n’y paraîtront finalement pas. Ils sont conservés en classe pour une consultation ultérieure. (Abel DUPUY CPAIDEN - Quelques réflexions pédagogiques)

 

Recueils attachés à un projet

Ø Recueil d’expériences ou album de comptes-rendus : récits explicatifs rendant compte d’une découverte particulière, d’un vécu de classe fort, portant sur l’acquisition de connaissances sociales ou disciplinaires. Ils dépendent de l’actualité pédagogique de la classe, sans être périodiques et peuvent servir de " manuels " d’apprentissage (mémorisation, relecture) ou de moyen d’informer ;

Ø Album de fiction: création d’histoire(s) pouvant aller jusqu’à la publication. Texte long : on s’adresse à l’écrivain, non plus au journaliste.

Sous des formes non reliées en cahiers, les panneaux, l’affichage, voire les cassettes vidéos, … constituent également des répertoires de signifiants.

 

2 - En fonction de valeurs propres

Le journal dans l’école répond à des attentes de tous les acteurs de ce monde hier encore clos, et à des besoins éducatifs précis. Depuis le point zéro - que de la grande littérature, pas de " canard " - jusqu’au souhait de Monsieur ALLÈGRE, ancien ministre, de voir chaque école branchée sur le net, la pratique du journal s’est largement développée, après s’être institutionnalisé dans les instructions officielles.

Que reste-t-il des grands ancêtres ? Deux d’entre eux se réfèrent explicitement au journal.

 

Le journal en pédagogie Freinet

Le journal fait partie intégrante de la stratégie éducative mise en place par l’école Moderne. C’est avant tout une pratique, donc le lieu d’apprentissage de savoir-faire, c’est à dire un travail (comme valeur morale) de l’enfant fondé sur l’expression libre. Le journal est l’outil de l’ouverture au savoir, à la culture, à l’autre. Il est indissociable de la correspondance.

Il permet aussi de faire le lien (FREINET parle de " bulletin de liaison ") entre le groupe classe(s) et le grand public. Il remplit donc bien une fonction de communication et plus encore, d’échange d’événements. Il rend public une expérience familiale (r)apportée ou un vécu de classe, montrant à l’enfant que son expression est digne d’intérêt, justifiant et valorisant par là même, et l’être en devenir, et le travail individuel.

Il n’est à aucun moment question d’imiter la presse des " grands " mais bien de créer.

 

Le journal en pédagogie institutionnelle

Reprenant la technique chez FREINET, et lui rendant hommage, Fernand OURY intègre au travail de publication les apports de la psychanalyse. Ainsi il est, sans doute plus que son inspirateur, prisonnier d’une mode / d’un mode particulier d’analyse et d’expression.

Davantage tourné vers l’intégration de l’élève difficile / en difficulté, car l’exode rural et l’urbanisation sont passés par là, le journal, tout en reprenant des textes individuels, est l’expression du groupe médiateur. En particulier, il développe l’idée de mise au point collective à travers le Conseil, lieu vivant " où chacun doit à la fois, tenir son rôle et l’articuler à celui des autres [et qui obéit] à des règles, introduisant à la compréhension de lois fondamentales dont le maître est le garant. ( Voir plus loin : l’évaluation " )

 

Le journal outil culturel

1 - Le journal à l’école, en tant que produit langagier privilégié se veut interactif, au sens d’échange de données. Il n’est pas simple support d’expression écrite, mais répond à une fonction : informer. (Le bulletin de liaison de Célestin FREINET: - Le journal scolaire page 70 - 1967)

Il porte témoignage des actions entreprises, tout en les analysant : en les explicitant et les expliquant. Il suscite l’intérêt des parents et répond à leur soif de savoir " ce qui se passe à l’école ". ( Cela évite de trop se préoccuper d’immédiateté dans l’actualité à l’école : des actions étalées sur un trimestre (période classique de l’école française) restent intéressantes pour les proches). Enfin, c’est la carte de visite des élèves dans leurs relations de groupe avec leur environnement.

2 - Une grande partie de la production éditoriale concernant les médias scolaires est consacrée aux journaux des collèges et lycées. Par leur structure de rédaction, détachée des groupes classe et de l’enseignement du français, ces titres s’approprient un espace de pouvoir qu’il appartiendra au chef d’établissement d’organiser.

En raison de l’âge des élèves concernés, cette préoccupation / crainte n’est pas celle des productions de l’école primaire où le dialogue " politique " (au sens noble bien sûr !) emprunte d’autres voies (relations de respect et d’autorité, unicité du maître, coopérative, partages informels, présence forte des parents, …).

Cela n’exclut pas l’impertinence … gentille ! Je pense en particulier à un texte sur la punition ! en cycle II, année scolaire 1998/99. Ce sympathique texte d’une " bonne élève " sans doute jamais punie mais se commettant pour d’autres peut-être, a été mis en forme avec l’aide éducatrice mais pas encore publié, pour ne pas jeter le trouble :

Mes punitions

Je me tais !

Je me tais !

Je me tais !

Je me tais !

Je me tais !

 

Je respecte les règles

Je respecte les règles

Je respecte les règles

Je respecte les règles

Je respecte les règles

Ça n’en finit pas !

J’en ai marre des punitions ! Ah non et non de non : je ne ferai plus de punitions, … même si la maîtresse m’en met !         C’est nul, les punitions !

Et des : " je me tais ! " … j’en ai plein la tête !       C’est même nul.

J’en ai déjà eu combien des punitions ? 100 ! !

Léa Cours Préparatoire

Si dans le vécu scolaire habituel tout n'est pas "journal" celui-ci peut néanmoins tout recueillir/accueillir, tout peut en faire partie. La forme devient alors primordiale, car ce qui va différencier le journal scolaire des autres produits, maintenir son unité et construire sa spécificité, c'est bien son aspect.

Pour nous adultes, c'est la connaissance implicite de l'objet "journal" qui va construire cette reconnaissance. Les enfants en ont une représentation préalable - ou n'en ont pas - qu'il va falloir confronter aux paradigmes en la matière, pour déconstruire ou édifier.

 

B. Un périodique comme les autres, parmi d’autres

a- Journal ? Journal ? Est-ce que j’ai une gueule de journal ?

 

Ne faudrait-il pas plutôt l’appeler " magazine " ? ( Bernard DEVANNE - Lire & Écrire, des apprentissages culturels - pages 19/20 ) Le propos n’est pas neutre car s’opposent deux séries de valeurs différentes et donc deux comportements " scripturaux ":

Journal

Caractère périssable de l’information

Contenu dépendant de l’immédiat

Objectivité [simple restitution de faits ( ?) ]

Périodicité quotidienne (au moins hebdomadaire)

Magazine

Distanciation par rapport à l’événement

Contenu militant - ou - spécialisé

Politique éditoriale rigide

[sommaire fixé, pagination, signatures]

La différence devient d’ailleurs de moins en moins nette pour les publications " officielles " elles-mêmes : le Figaro a sa partie magazine, les quotidiens locaux en comptent plusieurs, des magazines comportent des parties régionales informatives, l’Équipe (un des plus grands par le nombre de lecteurs) est spécialisé…

Est-ce par souci de ne pas tuer le père ( Célestin FREINET bien sûr ! ) que nous continuons d’appeler notre publication un " journal " ? mais élargissons, dans le présent travail, sa définition aux périodiques, sans retenir les différences entre revues ou magazines (hebdomadaires, mensuels, …), et journaux (quotidiens ou hebdomadaires).

Il n’est pas non plus dans notre propos hic et nunc de traiter des médias audiovisuels ( Même s’il est douloureux de comparer 8 ooo ooo de téléspectateurs en coupe d’Europe de foot, 0,4 millions pour Pivot et 6oo ooo exemplaires du Monde ! ) Complémentaires, ils peuvent enrichir la conception et le contenu d’une édition papier, et des activités de comparaison entre journaux télévisés et quotidiens ont été menées. Leur poids culturel auprès des enfants n’est pas à négliger non plus (ne serait-ce que dans le ratio temps devant l’écran / temps de lecture) de même que l’aide à l’apprentissage qu’ils peuvent apporter. Mais ils font appel à des techniques lourdes et onéreuses, et requièrent des compétences particulières.

Jetez la petite lucarne par la fenêtre que l’écran revient par la grande porte ! Le multimédia et les moyens numériques permettront peut-être des avancées significatives, que je crois avant tout destinées au secondaire.

 

Le journal scolaire est une entité à part entière, reprenant des caractéristiques dans l’ensemble des produits susnommés mais créant sa dynamique propre.

 

b- Une réalité culturelle

 

Faut-il étudier la forme canonique du journal, en faire l’objet d’une étude systématique ? Un tel objet existe-t-il d’ailleurs ? On peut en douter à regarder la richesse de l’achalandage d’un kiosque : il n’existe pas d’archétype clairement restituable et reproductible en l’état!

Pourtant une silhouette, reconnaissable entre toutes, permet l’identification du type " journal " par monsieur Tout-le-monde et un lecteur averti reconnaît facilement son titre habituel. Dans ce cas chaque publication en particulier se définit par sa ressemblance … ou par ses écarts à la norme.

De plus, le texte informatif est codé ( " C’est aussi prétendre que les médias sont des instruments de prise directe de la réalité, alors que tout tend à montrer qu’il s’agit d’un univers codé"- C. HERMELIN Apprendre avec l’actualité page 8 CLEMI 1993 )… et cette " langue étrangère " s’apprend. Dans l’édition scolaire également, très vite, des habitudes, des partis-pris (même discutés collectivement) ou des contraintes de production tiennent lieu de normes. Sans vouloir refaire le procès séculaire de l’Académisme, il faut bien remarquer que se plier à des contraintes est une limite … autant qu’un dépassement :

… une limite

Il interdit les divergences et donc bride l’imagination

Il introduit une hiérarchie entre l’initié et celui qui ignore le code

Il favorise l’imitation

 

 

Pour la dépasser : …

… un soutien du message

Une typographie particulière aide à se repérer sur la page et donc à cibler l’information

La présentation normalisée renseigne sur le contenu                       

Les conventions facilitent la lecture et la communication

… un challenge pour l’imagination

Appelée à se dépasser pour occuper tout l’espace disponible

Pour en profiter : …

…il faut apprendre à

CODER

Le langage

·         Dire / Écrire

o        Intéresser

o        Expliquer, convaincre

o       

 

 

 

 

Des structures supra linguistiques

·         Présenter

o        Organiser

o        Sérier

o        Ranger en progression

o        Choisir

DÉCODER

 

·         Lire

o        Vocabulaire

o        Contexte

o        Illustrations, photos, …

o        L’espace graphique

 

·         Comprendre

 

 

·         Rechercher

o        Reconnaître des formes particulières

o        Situer dans le texte / l’espace feuille

 

 

·         Comprendre

A ce prix seulement l’élève pourra entrer dans ce nouveau système qu’il découvre, avec ses rites et ses règles. Il lui faut encore passer de la " règle contraignante, à la situation adoptée " (Bernard DEVANNE - Lire & écrire, des apprentissages culturels Tome 2 page 160 - Armand Colin 1993 ): l’entrée effective dans le journal ne peut pas être que l’assimilation d’un code, c’est avant tout l'accès à une culture, une pratique, un état d’esprit.

c- Le journal, objet scolaire d'études : activité artificielle

Présent dans les manuels ou faisant l’objet de publications spécifiques, le texte journalistique ressemble à un papillon épinglé dans une collection: condensé ou cité par extraits, arrangé, noyé parmi d’autres ; coupé de l’actualité et de son contexte ; ayant abandonné son format et sa typographie.

Tout comme écrire n’est pas additionner dans un ordre de complexité croissante l’agencement de lettres en mots, de ceux-ci en phrases simples puis complexes, puis leur arrangement en textes, … et même si le journal se laisse découper en unités signifiantes, peut-on les disjoindre du contexte ? Cette unité que constitue l’article, demande d’ailleurs un effort d’adaptation en lecture, car contrairement au livre-récit, dans un journal pas de sens privilégié de lecture, pas de progression : les colonnes se juxtaposent.

Le qualificatif étant à prendre ici au sens expérentiel, mais avec une connotation de méthode naturelle (pédagogie Freinet = tâtonnement expérimental)

Ces séquences formalisées peuvent pourtant trouver leur place dans un processus d’action didactique au titre des remédiations.

 

d- Le vrai journal, objet de curiosité : activité naturelle

Le qualificatif " naturelle " étant à prendre ici au sens expérentiel, mais avec une connotation de méthode naturelle (pédagogie Freinet = tâtonnement expérimental)

 

Les correspondants et les collections

Des journaux d’autres écoles arrivent en classe (Le petit curieux, école Pasteur de Colmar, MitBenZel, écoles du RPI voisin, Crac, école française de Beyrouth, La Canardière, école de Guémar, Les clés de Waldig Junior, écoles maternelle et élémentaire de Waldighoffen) et aussi, depuis peu, des publications électroniques. Ils constituent une collection permanente qui s’enrichit, complétée à l’occasion de collection prêtée (OCCE, IEN).

Moyens originaux d’expression ou plus conventionnels, dans l’esprit de notre entreprise ou simple album, ils autorisent bien des comparaisons et valident la réalité de la lecture par les autres.

 

Les journaux qui entrent à l'école

Ce n’est pas un phénomène très ancien. On pourrait même dire que, pour l’enseignant, venir avec un journal à l’école était (est ?) connoté… négativement : il aurait donc le temps de lire le journal à l’école ? Il a pourtant assez de vacances !…

Les Instructions officielles elles-mêmes lui font maintenant une place, depuis une circulaire du ministère HABY en 1976. Une " présence " sans cesse réaffirmée depuis, en expression écrite bien sûr mais aussi en compétences transversales (Les cycles à l’école primaire - MEN 1991) à travers le chapitre " traitement de l’information ".

L’objet ne doit pas alors être ravalé (!) au rang de " lecture silencieuse supplémentaire " mais rester connecté à sa véritable fonction : y trouver des informations et suivre, jour après jour leur évolution, en dehors du champ strict des activités langagières scolaires.

Journaux d’adultes ou presse enfantine ?

La mise à disposition et la lecture " libre " ( con-texte libre ? ) constitue un lieu d’apprentissage tout en favorisant l’intégration culturelle.

Quand il s’agit de journaux " adaptés " (C’est à dire : rédigés en fonction d’une certaine image de l’enfant ) à l’âge des enfants, les aménagements et les arrangements sont-ils pertinents dans la perspective didactique ? Édulcorés, retravaillés, ils conduisent souvent à une perte de substance :

* les articles redeviennent des textes de lecture ;

* l’habillage s’éloigne de la forme reconnue [ comme dans le " Petit quotidien " ];

* les adaptations déstructurent l’écrit (comme dans l’ancienne formule du JDE où les " entre parenthèses " ne sont pas toujours appropriés : souvent simplistes… ou ajoutant un niveau de complexification, ils restent au stade du synonyme ) ;

Apprécier le " degré de difficulté " du texte journalistique se complique par l’intégration de tout un environnement : vocabulaire de la vie quotidienne, jargons techniques de la justice, tenants et aboutissants politiques et historique, … propre à l’actualité.

La mise à disposition de journaux " tout public " pose alors le problème du contenu rédactionnel. Le poids émotionnel des certaines photos ou mots, le caractère elliptique des expressions, … ne sont pas à mettre entre toutes les menottes ! Il faut alors une préparation (Censure ?) du matériel, … ou renoncer.

Pour appréhender la réalité fuyante de l’actualité, des recueils d’activités existent. L’engouement pour le journal a donné lieu à une forte activité éditoriale doublé d’un intérêt économique certain.

Il est regrettable que beaucoup d’ouvrages de référence focalisent sur la découverte de vocabulaire, de techniques et du monde socio-économique du journalisme. Ainsi sur " 100 fiches pratiques pour exploiter la presse en classe " (Nicole HERR - RETZ 1994), seules 12 parlent de la production de textes au sens strict.

C’est particulièrement net aussi, dans l’émission télévisée " C’est pas sorcier " consacrée à la semaine presse. Cette manière de faire est, il est vrai, encouragée par les textes puisque, au cycle des approfondissements est ainsi citée la " découverte des procédures de fabrication des livres et des journaux " comme exemple d’activité dans " La maîtrise de la langue à l’école " (page 16)

Ne faudrait-il pas au contraire " Rendre le journal scolaire aux enfants " ? (Le nouvel éducateur, péd. Moderne, numéros 66 et 67 février / mars 1995 Titre du dossier coordonné par C. BIZIAU)

[…] j'observe que la seule référence adulte est généralement la presse d'information, notamment quotidienne […] Sans vouloir de mal à la presse d'information, nous ne pouvons la donner aux enfants pour modèle exclusif de la communication écrite. […] Faire fonctionner l'école comme une micro société copiant la "grande", c'est partir du principe qu'elle est idéale et qu'il suffit d'y être les plus performants.

M. BARRÉ

Mais il est bien agréable de jouer à être un vrai journaliste ! C’est de leur (notre ?) âge. Le magazine international par télécopie " FAX " propose cette solution.

Un autre ouvrage [ Utiliser la presse à l'école Jean-Pierre SPIRLET et l'ARPEJ (Association Région Presse Enseignement Jeunesse) CFPJ (Centre de Formation et de Perfectionnement des journalistes) 1990 ] compte ainsi, entre autres, les chapitres suivants : - La découverte du contenu - Apprendre ... en jouant au journaliste - Exploiter la visite d'un quotidien - Réaliser ensemble un véritable journal [ Pour faire comprendre le fonctionnement de la presse et faire prendre conscience de notions telles que: information, commentaire, exactitude, objectivité, etc., rien de tel que de transformer toute la classe en salle de rédaction pour faire un vrai journal. Pas le journal scolaire classique du genre recueil de textes, mais un outil d'information et de communication " ] . et enfin un Lexique de termes de presse.

Est-il vraiment nécessaire de mettre un nom sur des "objets" techniques, sur des concepts utilisés dans un cercle clos. Bien sur, à l'instar de la géométrie utiliser le mot juste permet de mieux se faire comprendre avec une économie de moyens, mais dans un cadre où tout le monde emploie ce vocabulaire. Ici il s'agit d'un jargon professionnel. Le privilégier serait détourner l'usage pédagogique du journal. A utiliser si besoin uniquement! (ou pour s’en jouer : que de poésie dans certains termes !)

Tombent ainsi régulièrement dans la boîte aux lettres de l’école : des productions Averbode ( Bonjour, Tremplin, …), Bayard ( Images’Doc, Astrapi ), Play Bac (Mon quotidien) et Milan ( Mobiclic, mensuel sur CD Rom) répartis entre tous les cycles du groupe scolaire.

La découverte de " journaux en ligne " est depuis peu possible.

 

La semaine presse : le " bain de presse "

Le CLEMI [ Centre de Liaison de l’Enseignement et des Moyens d’Information ] organise cette manifestation (onzième édition en 2000) à laquelle la… presse (et les autres médias) fait largement écho. Il ne faut pas oublier que cette opération est l’émanation d’entreprises commerciales, qui malgré la croissance de la population ont vu le chiffre de leurs lecteurs (et donc des ventes) décroître. Issue d’une réflexion sur le métier l’opération a déclenché une prise en compte des médias par les textes officiels tout en se nourrissant de l’essor ( au moins quantitatif ) de la presse pour enfants. La porte ouverte par les Instructions Officielles et les moyens des groupes de presse s’associent pour créer des richesses pédagogiques.

L’arrivée des journaux (et revues) dans l’école est saluée comme il se doit : dans l’enthousiasme. C’est l’occasion d’une lecture contextualisée de quotidiens, de découvertes de titres… Le choix des publications commandées offre également aux enseignants un " panel " de produits diversifiés (public adulte) propre à entretenir et développer la réflexion.

En dehors de son intervention directe ( édition, site Internet, aides pratiques, organisation de stages, …) le CLEMI aura servi d’agitateur poussant à l’action. En créant un terreau favorable, il favorise la pousse de toutes ces bonnes… feuilles.

Cela d’autant plus que le CLEMI représente aussi une profession, le journalisme, véritable quatrième pouvoir, garant (parmi d’autres) de certaines libertés. Cet aspect connaît bien des développements en éducation civique et citoyenne, commençant par le problème de la signature des articles, de la manière de citer les protagonistes et/ou les sources ….

La richesse éditoriale et la créativité formelle des produits de presse, l’étendue des sujets abordés dans les publications, la multiplication des sources, leur accumulation rapide aussi (il s’agit de périodiques) constituent un vecteur fort dans le travail pédagogique.

Mais cette abondance même, pour ne pas devenir excessive, doit être organisée en vue de l’acquisition de compétences.

 

 

<<<< Retour ou Suite >>>>

Aller à la page de l'auteur Voyager à RIQUEWIHR