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III. Le projet collectif

Il faudra encore beaucoup de recul pour dire si le projet [d’école] a été tiré vers la structure ou vers les personnes ; s’il s’est progressivement transformé en structure ajoutée ou s’il s’est fondu et confondu dans l’élan des acteurs (René LA BORDERIE - 20 facettes du système éducatif - page 312)

Si l’action " journal d’école " veut être un véritable outil (Au sens de VYGOTSKY : 1 - Permet l’activité 2 - Fait évoluer l’élève), il ne s’agit pas d’attendre, mais de faire en sorte que le projet penche nettement vers les individus. L’équipe est à prendre au sens large de partenaires éducatifs, dont les élèves font partie ( même s’ils sont aussi les " sujets " du travail réalisé )..

Du choix de l’action - ou plutôt de l’ensemble des actions - par les enseignants et par l’adhésion au projet pour les élèves dépend la réussite du projet. L’ensemble des moyens mis en œuvre devant autant servir le projet pédagogique (activités d’enseignement au regard des textes officiels), que le projet éducatif (la vie à l’école).

D’autres éléments sont à prendre en considération:

* Rythmes scolaires (à différentes échelles : établissement / classes, quotidienne / hebdomadaire, …)

* Correspondance scolaire

* Vie dans l’école (atelier, intervenants, coopération…)

* Suivi des élèves

* Communication avec les parents (nouveau livret départemental, rencontres, …)

* …

Si dans ce mémoire les actions dont il est question sont principalement empruntées au cycle III, lieu de ma pratique ces dernières années, la " globalisation " du projet et l’implication de l’ensemble des membres d’une équipe, visent à pallier ce manque de perspective en misant beaucoup sur une progression et la continuité.

Ce projet se développe et évolue depuis maintenant 7 ans. Ses transformations en font la richesse. L’enseignement ne se faisant pas qu’avec des heures de cours mises bout à bout, la démarche de projet se justifie entièrement. Elle va contribuer à la mise en place d’un contrat éducatif (y compris dans ses implications didactiques) à négocier aussi avec les élèves, ce qui ne va pas sans un certain fonctionnement coopératif en classe, au moins en ce qui concerne le journal.

Il est bien sûr fondé sur l’élaboration / consensus chez les enseignants (et les adultes associés) et la discussion / adhésion chez l’élève.

 

A. Organiser la continuité

 

Laisser du temps au temps

A chaque classe/niveau dans les cycles correspond un type de produit. Si au cycle I, la dictée à l’adulte permet de passer de l’oral à l’écrit, le dessin constituera un support à la lecture. Mais cette prise d’information pourra s’étendre au texte, signifiant pour son auteur. Cela suppose que cette position soit clairement définie pour l’élève.

Progressivement les acquis se complètent et les stratégies d’écriture mises en place grâce à la confrontation aux journaux successifs mènent à la maîtrise du texte, de son contenu et de sa forme. Ainsi, au cycle II le journal constitue souvent un prolongement vers l’extérieur d’activités de classe (album, cahier de vie, …) qui accèdent ainsi à un autre niveau de référence(s), de même que la lecture des journaux entrants est une ouverture pluridisciplinaire : lecture d’un dossier d’Histoire, par exemple.

Cette complexification correspond bien à l’organisation en cycles, permettant en fonction des évaluations de construire un parcours pédagogique personnalisé. Les compétences attendues en fin de cycle ne se construisent pas au terme de la période mais durant tout le cycle… et même durant le(s) précédent(s).

Pour permettre à l'enfant de produire des textes tout au long de son cursus, l'ensemble des maîtres de l'école doit s'organiser pour que chacun de ces éléments soit l'objet et au cours de sa scolarité, d'un apprentissage régulier et suivi, donnant lieu à un entraînement quotidien et à une évaluation continue.

METTOUDI / YAÏCHE

(Travailler par cycles en français - Hachette 1997 - page 43)

Contrôler

Ce mouvement perpétuel est animé par l’évaluation du projet en vue de l’actualiser couramment au cours des divers Conseils institutionnalisés et des mises à jour des projets d’école. S’ajoute à l’évaluation des acquisitions, un diagnostic de contrôle, au sens anglo-saxon, c’est à dire réguler, maîtriser, comme une tour de contrôle d’aéroport.

Il s’instaure une progression parallèle mais interactive entre les élèves et les maîtres, qu’on pourrait schématiser ainsi :

Environnement

Élèves

 

 

Maîtres

Partenaires

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

élaboration

 

 

 

 

 

 

 

 

Action du PROJET d’ÉCOLE

 

 

 

 

 

 

 

 

Élucidation, adhésion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Activités

Acquisitions

 

 

Travail pédagogique

Travail didactique

 

 

 

 

 

 

 

Journal T1

 

 

Aide à la réalisation

 

 

 

 

 

 

 

 

Évaluation, impact

 

 

Analyse de l’action

Reformulation, aménagement

 

 

 

 

 

 

 

 

Activités

Acquisitions

 

 

Travail pédagogique

Travail didactique

 

 

 

 

 

 

 

 

Journal T2

 

 

Aide à la réalisation

 

 

 

 

 

 

 

Et ainsi de suite

Tout au long de ce travail en commun il faut nécessairement pratiquer l’écoute active, c’est à dire une communication nourrie de sens, et respectueuse de l’interlocuteur. Ce respect englobe l’attention aux rôles de chacun.

(Marc-Henry BROCH - Travailler en équipe à un projet pédagogique page 41 - 1996. Comme en écho, René LA BORDERIE s’interroge si, à l’école, la communication fonctionne à " la voix active, ou la voix passive ")

Il ne s’agit pas de se leurrer : l’adulte, sauf à démissionner, a une autorité à exercer (la non-directivité elle-même ne va pas jusqu’à l’abandon ). Cela suppose un contrôle (au sens anglo-saxon de régulation = la tour de contrôle d’un aéroport). Mais cela ne se fera de manière sereine et donc constructive qu’à travers une véritable communauté (qui ne soit pas uniquement d’intérêt, mais qui englobe le savoir ) (Vincent LEMIERE - Apprendre et réussir ensemble page 132 - 1997)

B La communauté éducative

 

a- Le groupe

Dans son ouvrage (Travailler en équipe à un projet pédagogique - page 31) Marc-Henry BROCH relève les conditions suivantes pour que l’équipe sui generis évolue en communauté. Cette représentation intègre un aspect actif (verbes d’action, schéma sagittal) qui correspond bien aux développements du projet  " journal d’école " : dans ce sens il est bien évident que les élèves font partie du groupe considéré :

Mais on peut se poser alors la question de la nature du projet.

Plus encore, il est peut-être nécessaire d’effectuer une transformation grammaticale portant sur le " nombre " … et de bien faire les accords au sein du groupe. Qu’en est-il des projets ?

 

Vincent LEMIERE - Apprendre et réussir ensemble - Chronique sociale 1997 - page 124

 

Arriver à faire coïncider tous ces projets, et maintenir leur cohésion malgré les évolutions divergentes, est le principal écueil que l’ensemble de l’équipage va devoir éviter. Y réussir c’est sans doute se trouver une motivation, à même de développer les capacités d’apprendre des élèves (Au sens de BERBAUM ).

 

b- Les élèves

Les compétences disciplinaires acquises par les élèves ne sont pas les seuls bénéfices que la production du journal leur apporte: le projet se veut aussi un lieu d’acquisition de savoir-faire, techniques (usage d’outils spécifiques) ou sociaux (comment travailler avec l’autre ?) et de savoir-être.

(Il est à noter que les termes " enfants " ou " élèves ", au singulier comme au pluriel d’ailleurs , apparaissent tous deux dans les Instructions Officielles , sans doute pour insister à la fois sur la personne, tant dans son individualité que collectivement, et sur son abstraction en objet .. de toute notre attention.)

1. La citoyenneté

Être citoyen c’est avant tout vivre au sein d’une communauté, nationale ou à la dimension du monde (éco-citoyenneté). Dans notre domaine c’est reconnaître la primauté donnée aux relations de vie que les enfants établissent avec le monde, avec les personnes et les choses qui les entourent. Ces relations s'expriment par le langage oral et écrit : l'écrit les fixe, les renforce, parfois les crée.      [ quatrième de couverture - Croqu’Odile crocodile ]

Voir en annexe 8 la fiche : " Les enjeux d’une éducation à la citoyenneté ". Cette fiche destinée au secondaire est applicable à notre propos mutatis mutandis.

2. Le travail en coopération

Le travail en doublons, groupes ou ateliers à la manière de chantiers d’écriture (Josette JOLIBERT - Former des enfants producteurs de textes - 1988) demande et développe des capacités d’échanges et de dialogue constructif, d’émission et de réception de critique(s) constructive(s), de coopération dans les idées et les méthodes.

Dépassant le cadre de la classe, la coopération s’installe aussi au niveau de l’école entière voire du groupe scolaire (maternelle + élémentaire). La coexistence de divers journaux de classe avec un lien édité par le directeur (Célestin FREINET - Le journal scolaire page 47 - 1967) ne se justifie pas. Tout au plus l’abondance des productions peut-elle amener à éditer des albums de classe ponctuels.

 

3. Une culture

L'enfant construit son savoir selon une logique qui lui est propre et qui dépend non seulement de ses activités scolaires mais aussi, et beaucoup, de son histoire et de son vécu extra-scolaire. Beaucoup d’activités des manuels partent ainsi d’une connaissance préalable implicite de l’objet journal, qui se construirait dans les familles. C’est sans doute imprudent.

Plus qu’ailleurs, où le savoir peut être organisé sur des expériences détachées, afin d’" être mis à la portée des élèves ", l’actualité impose ainsi une fenêtre ouverte sur la vraie vie (voir première partie)

Cela d’autant plus que les jeunes ne lisent plus ! Loin de la polémique remarquons simplement que la lecture de messages signifiants ne saurait être ravalée (!) à la lecture de textes d’auteurs (reproduisant ainsi ce que les adultes font le plus facilement, sans s’investir : reproduire et valider leurs propres expériences passées). La lecture de textes d’actualité de consommation courante peut constituer, à travers les implications dans la culture contemporaine que les enfants vivent pleinement, une excellente entrée dans la culture de l’écrit.

Il faudra peut-être, avant que ne s’instaure l’habitude et la confiance, vaincre les réticences que manifestent les parents face à des transformations qui les conduisent à ne plus reconnaître les exercices que font leurs enfants. (La maîtrise de la langue page 120 - MEN - 1992)

Et sans vouloir faire de pan-journalisme (impérialisme qui ramènerait la culture uniquement aux fugaces phénomènes de mode) et mettre la Presse partout, remarquons que les petites vignettes qui parsèment ce texte sont autant de références motivantes pour un véritable lecteur de B.D. A noter en particulier à ce propos l’excellent " Daily Star " de Lucky Luke.

 

4. La mémoire

Le fait journalistique entre dans l’Histoire sitôt écrit. L’information était " distribuée " et commentée jadis autour du foyer. La communauté scolaire se nourrit aussi de cette tradition, qui quitte ici l’oral pour entrer de plain-pied dans l’écrit.

La forme de " La plume qui parle " s’est ainsi très vite stabilisée. Elle est le fait d’élèves maintenant " disparus " de l’école mais marque la continuité de l’action par des réappropriations successives dont la moindre n’est pas la lecture des parutions successives par les petites classes, les parents, la municipalité, les lecteurs de la bibliothèque municipale et, je l’espère, les anciens !

Le titre (Pas anodin car destiné à durer plusieurs années F. SAINT LUC - Le nouvel éducateur n°67 - 1995), " la Plume qui Parle ", en particulier, avait été choisi après un an de découverte de la presse, par vote après débat. La correspondance écrit/oral de ses termes, comme un résumé de la didactique de la langue à l’école, n’est pas étrangère à son succès.

À l’école Anne Frank, le titre résultait d’une action avec les archives départementales autour du colporteur au XIXème siècle, détaillant/distributeur des almanachs de l’époque et premier journal " parlé ".

Dans les deux cas il y a enracinement fort dans une pratique et le fait culturel.

 

c- L’équipe pédagogique

 

Projet d’école - Conseil des maîtres : l’organisation

Voir la fiche d’action en annexe 9

Du contrat lié en Conseil d’École par le Projet d’École découle l’obligation (!) de mettre en place les moyens nécessaires pour un meilleur rendement pédagogique.

Ateliers à l’école PFISTER : " Bout de gomme " est le fruit de la collaboration organisée, d’élèves volontaires de tous niveaux, travaillant ensemble pendant 4 séances d’atelier pour produire un journal d’école ;

Comité éditorial à l’école Anne FRANK : dans le cadre de l’organisation du soutien, des élèves de cycle III se retrouvent une heure par semaine pour produire du contenu éditorial, mais aussi mettre en forme des contributions rassemblées par l’instituteur ZIL ZEP, choisir, organiser, assurer la saisie.

Classe responsable à Riquewihr : " La plume qui parle " est mise en forme à partir des contributions de toutes les classes (voir tableau en seconde partie) dans l’espace ouvert des études dirigées et dans le cadre de travaux autonomes, ou celui qui sait aide ses camarades à surmonter ses problèmes.

Des séquences spécifiques peuvent être organisées. Ainsi si la référence au journal n’est pas la seule ligne d’horizon, son évocation est constante et… spontanée !

 

Les partenaires

Les partenaires actifs de l’école sont avant tout lecteurs du journal. Mais les colonnes leur sont ouvertes : il y a eu une seule contribution pour l’instant. Laissons au grain le temps de germer ! Peut-il y avoir " Tribune libre " ? Sans doute, comme pour les productions scolaires, les contributions doivent-elle être discutées. Le journal scolaire est porteur d’un projet mais il ne saurait s’agir de presse d’opinion au sens polémique.

Mais le lectorat ne se limite pas aux personnes " au contact ". Le journal favorise la lisibilité sociale de l’établissement. Il se doit d’être réellement informatif. Voir à ce propos la place particulière du journal n°1 de cette année scolaire, qui reprend en grande partie la motivation et le calendrier du projet artistique déposé à l’ACMISA pour renseigner les lecteurs.

 

En guise de conclusion … provisoire

 

Le journal est une pierre dans la construction d’une communauté éducative. C’est un moyen de mettre en œuvre des apprentissages et il est vecteur de savoirs : porteur de sens, il peut mener à des connaissances et contribue donc à la réalisation de la mission de l’école.

Est-il nécessaire ?

Est-il suffisant ?

Dans l’ensemble du présent travail l’accent a été mis sur le principe de système :

® s’inscrire dans une histoire, un environnement, une réalité pour exister ;

® participer à un processus pour apprendre ;

® coopérer pour réussir.

La prise en compte du complexe :

Si donc nous proposons de faire saisir à l'enfant non seulement tous les éléments partiels mais aussi la structure d'ensemble d'un complexe opératoire, il ne suffit pas que nous provoquions chez lui tous les pas particuliers du raisonnement. L'enfant doit être amené à établir les rapports principaux qui régissent un complexe d'opérations et à y insérer les opérations partielles.

Il faut donc donner à la recherche un cadre qui dès le début oriente son organisation d'ensemble et confère une signification à toutes les démarches entreprises au cours de sa mise en œuvre. Or cet agent directeur de la recherche ne peut être constitué par rien d'autre que par un problème bien vivant dans la pensée de l'élève [le " schème anticipateur " de Piaget...]

Au cours de la recherche, celle-ci se structure alors et acquiert ses articulations précises. Si l'on parvient ainsi à amener l'enfant à construire une opération à partir d'un problème clairement conçu, on peut supposer qu'il a compris non seulement tous les éléments du nouvel acte intellectuel, mais encore sa structure d'ensemble.            Hans Haebli

La pratique du journal scolaire permet, le mieux pensons-nous de passer ainsi du complexe signifiant à des acquisitions scolaires avant se s’ouvrir au monde, nouveau complexe. Nous ne faisons plus partie du monde médiéval " à chaque effet, une cause " mais nous nous inscrivons dans un univers où des événements multiples conduisent à un faisceau de probables en profonde interaction.

L’ouverture au complexe

Les activités pratiquées s’inscrivent pour la plupart dans un cadre inter/transdisciplinaire, s’ouvrant sur d’autres domaines d’enseignement et créant leur propre dynamique. Comme dans un organisme vivant, les organes interagissent.

Un outil adapté

Chaque fonction prise individuellement répond à une exigence précise, mais la vie nécessite leur collaboration. La maladie peut venir du disfonctionnement de l’un d’entre eux pris isolément, mais aussi d’un défaut d’harmonie.

Comment dire quel est l’organe principal ?

Par élimination ? La défaillance de quelques-uns rend toute vie impossible !

Bien sûr, le défaut de quelques-autres ne mettra pas l’ensemble en péril (un rein peut être suppléé par l’ingénierie médicale)… mais on vit alors tellement moins bien !

 

" Vers l’infini et au-delà ! "

Toy Story 1 & 2

 

Venez mettre un grain de sable dans l'engrenage des pédagogies officielles et brandissez l'imaginaire à bout portant... pour le faire fleurir! Offrez-vous un tour de texte, comme si vous y étiez...

Site de "La console d'écriture" Canada

http://console.educ.infinit.net/cgi-console/console.exe

L'intrusion des NTICE dans le milieu scolaire peut avoir sur l’activité autour du journal en milieu scolaire, une influence bénéfique, tant sur le fond que sur la forme.

La solution à tous nos problèmes c'est, peut-être, Internet: territoire vierge où le style, la forme et la manière ne sont pas encore fixés, où la créativité peut encore jouer son rôle, abstraction faite des limitations techniques et logicielles, qui donnent à tous les journaux un c(f)urieux air de ressemblance aux journaux en ligne actuellement. (exemples en annexe 11)

 

L'intérêt didactique

Des activités auparavant sans objet peuvent devenir maintenant productives et pédagogiquement rentables dans des domaines aussi divers que la Lecture, l’Ecriture, la Technologie, l'Education Civique et Citoyenne ...

Il devient ainsi possible :

o        de s’approprier des sources d’information réelles, en vraie grandeur et temps réel (dépêches d’agence AFP, Reuter, ou chaînes audiovisuelles, journaux en ligne,…), d’échanger en direct ou en différé, c’est à dire d’interviewer ou de renseigner ;

o        de suivre le circuit de l’information dans son ensemble ;

o        de transmettre voix, images et bien sûr textes et d’en recevoir : chaque internaute a pu se promener sur mars avec le Pathfinder ou voir le Vésuve en éruption ;

o        d’accéder aux faits en direct, sans la distorsion de l’écrit - mais aussi sans l’assurance du commentaire ;

o        d’agir en donnant son opinion ou en aidant…

Autrefois, quand on entendait le mot " journaliste ", on pensait à un métier précis. Mais à l’ère d’Internet, rien ne distingue l’émetteur du récepteur. Tout un chacun peut faire un peu de journalisme… Chacun a une compétence potentielle pour transmettre aux autres informations et connaissances

Kazuo NOMURA

(Sociologue japonais - Courrier de l’UNESCO

article : Internet et ses enjeux : l’information en ligne c’est Byzance.)

L’espèce " journaliste " serait-elle en danger ? Un nouvel équilibre est sans doute à trouver, à la mesure des dangers : une opinion innocente ou agressive peut se trouver démultipliée à outrance ; Or l’actualité n’existe pas, elle se crée. " S’il n’y avait pas de journalistes il y aurait simplement des faits. "

(Carlos Luis Alvarez, journaliste espagnol - Courrier de l’UNESCO)

o        l'utilisation d'appareils numériques et de logiciels de traitement de l'image permettent de mettre en évidence les possibilités de détournement, voire de falsification de l'image ;

o        la rapidité de circulation de l’information, sans vérification ni recul, en fragilise le contenu et la rapproche de la rumeur ;

o        le contact établi peut être malhonnête ;

o       

Avant tout : prudence ! Mais il est singulier (et rassurant) de constater que si le record de connexion à ce jour concerne le rapport Clinton/Lewinsky, cet événement s’est accompagné d’un " boum " des ventes de quotidiens : avoir l’info. n’est pas tout, encore faut-il la comprendre…

 

La forme du journal

La publication électronique va autoriser enfin que la périodicité devienne quotidienne: la mise en ligne journalière d'un travail d'enfant est possible. L'utilisation de l'intranet autorisera même une bonne répartition des producteurs entre classes, contribuant du même coup à une meilleure collaboration pédagogique et assurant à l’élève la continuité dans l’usage des outils.

La nouveauté du système, en libérant l'élève du carcan des conventions, lui permettra d'inventer sa forme personnelle, à partir de la forme papier. Les techniques actuelles permettent de maîtriser la chaîne d’impression dans son ensemble, malgré des limitations apportées par l'équipement disponible ( et rapidement obsolète… )

Mais cette idée ne serait-elle qu'une envie? Ne sacrifierait-elle pas aux mythes éternels du subconscient pédagogique, comme ces curieuses permanences que relève le n°4 de "Carrefours de l'éducation" [ Ce numéro propose un article (Nouvelles technologies éducatives et construction imaginaire de l'école) permettant d'identifier les mythes régulièrement associés à la promotion des technologies éducatives. Il montre que les professionnels du système scolaire sont eux-mêmes influencés par la récurrence de tels mythes: démocratisation de l'enseignement, facilitation de l'acquisition des savoirs, conquête plus sûre de l'autonomie... Une mise au point nécessaire pour favoriser un regard plus distancié vis-à-vis des nouvelles technologies auxquelles on accorde, peut-être un peu trop vite, toutes les vertus éducatives. ( Nouveautés écoles n°3 Mars 99 CNDP ) ] qui constituent autant de récurrences "régulièrement associées à la promotion des technologies éducatives", en une sorte de " mieux disant didactique ".

Où nous retrouvons Maître Célestin La saisissante modernité de son propos n'est-il pas tout simplement l'antienne de tout éducateur consciencieux, un de ces mirages qui sous-tendent toute ode à la technique moderne.

"  Nous sommes aujourd'hui à l'aube d'une nouvelle étape […] L'écriture manuscrite elle-même tend à devenir mineure dans un monde où la machine à écrire, la polygraphie, le disque, la radio, le cinéma, la télévision, le magnétophone intensifient et accélèrent l'intercommunication et les échanges. La technique des manuels, des devoirs et des leçons est aujourd'hui dépassée […] "

(Célestin FREINET - Le journal scolaire (1967) - Introduction page 7)

Décidément le Journal scolaire ne serait-il qu'un outil et non une fin en soi ?

 

 

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